mercredi 7 septembre 2011

Saint Joseph du Dakota : peut mieux faire

L'oeuvre des Indiens sioux du Dakota est une légende dans le monde du fundraising. Ils ont récolté en 2010 près de 50 millions de dollars et leur patrimoine s'est accru durant cette période de près de 12 millions de dollars pour atteindre 76 millions.

Pour y parvenir, les fundraisers qui travaillent pour eux font appel à des méthodes vigoureuses, pas toujours en accord avec la réalité.

Ce qui a conduit l'association à se faire épingler par le BBB pour des pratiques qu'ils considèrent comme abusives, notamment en mentionnant des urgences qui, au regard de la richesse de l'association, n'ont pas lieu d'être.

In the Alliance's opinion, direct mail appeals sent in 2010 cited emergency financial needs that are not evident in the financial statements St. Joseph's provided to the Alliance.
Specifically, direct mail appeals included references to St. Joseph's emergency financial needs related to the cost of utilities.  Below are excerpts from such an appeal:
“South Dakota winters are known to be brutally cold.  They can last up to six months.  The cost to heat and light the 20 children's homes--along with classrooms and other school buildings--takes a huge toll on our budget.
"That's why I'm looking to you...for your urgent assistance.  Would you please send an emergency gift right away to keep our Lakota students warm this winter?
After leaving the accounting department, I did some additional calculating.  I discovered utilities alone cost us $4.68 a day per child.  Now, at first glance, this may not sound like very much, but when you multiply it by 220 boys and girls, it's an enormous drain on our limited resources.  The total?  Over $376,254"
Given the resources available to the organization, the Alliance disagrees with the claim that the cost of utility expenses is an emergency need.

Quand j'ai reçu un premier mailing de la succursale française de cette œuvre, j'ai cru tout d'abord à une opération frauduleuse car l'adresse et le téléphone sont celles d'une société de services qui assure le secrétariat.

Finalement, j'ai pu vérifier qu'il s'agissait bien d'une opération de fundraising international conduite depuis les Etats-Unis grâce à l'intercession de quelques personnes en France et une avance de fonds de 300 000 euros venant des Etats-Unis.

Le grand manitou du fundraising de cette association catholique est Kory Christianson. Il est si bien considéré par ses pairs qu'il a reçu en janvier 2010  le Max L. Hart Nonprofit Achievement Award.

The Direct Marketing Association's Nonprofit Federation (DMANF) announced Kory Christianson of St. Joseph’s Indian School in South Dakota as the 2010 recipient of its Max L. Hart Nonprofit Achievement Award.

The award recognizes outstanding achievement by an individual within the nonprofit community, and was presented at a luncheon on Friday, Jan. 29, during DMANF’s 2010 Washington Nonprofit Conference at the Renaissance Hotel in Washington, D.C.

“The Awards Committee was very impressed by the detailed and enthusiastic nomination submitted on Kory’s behalf,” said Mary A. Bogucki, chair of DMANF’s Awards Committee, and vice president, Amergent.  “We received notes from individuals praising Kory from both the corporate and nonprofit communities. His leadership, integrity, and humility are the true hallmarks of a worthy recipient. It is no surprise we reached a unanimous decision to present him with this year’s Max Hart Award.”

Christianson has worked in the development office at St. Joseph’s school for over 16 years.  As the executive director of development, he oversees their USA, Germany, and France fundraising programs and leads a team that raises over $50 million annually in support of programs and services for the Native American population throughout all of South Dakota. His commitment to service of the nonprofit community continues, as he is a volunteer fundraiser for the Mitchell Christian School and a member of the Avera Queen of Peace Hospital Foundation board of directors. In 1999, he became a Certified Fundraising Executive (CFRE), and in 2000 was awarded the Charity Fundraising Executive of the Year Award by the National Federation of Non-Profits.

St. Joseph’s Indian School in Chamberlain, South Dakota, is a residential and educational center dedicated to helping the state’s Native American population.  The school is privately operated and receives no regular government funding.  Through the generosity of its supporters, St. Joseph’s provides for all the needs of its 200 students — everything from food and clothing, to a well-rounded education and counseling — at no cost to them or their families.

DMANF’s award was established in 1990 as the Nonprofit Achievement Award, and was renamed in 2005 for Max L. Hart, formerly of the Disabled Americans.  Hart is a DMA Hall of Fame honoree and longtime advocate, supporter, and champion of professionalism for the nonprofit fundraising community. 
Pour l'anecdote, il prend la parole aujourd'hui mercredi 7 septembre dans quelques heures à Omaha sur le thème de la maximisation de l'impact du marketing direct. Je peux vous dire qu'il en connaît un rayon. Il n'est pas avare de son expérience qu'il aime à partager avec d'autres.

Les résultats de ses opérations en France sont très encourageants. Lors de la première année de récolte, St Joseph a engrangé 664 000 euros pour 180 000 euros de frais de fundraising. Ce qui a laissé un solde des ressources de 453 000 euros.


L'agence en charge des opérations ne fait pas le détail. A titre d'exemple, un donateur qui a envoyé un don payé sur sa société a reçu en retour un reçu libellé à l'ordre de la société, ce qui est bien normal, mais ce qui l'est moins est que cette personne n'existe pas en tant que donateur, les courriers ultérieurs ne lui sont pas adressés mais à la société.






Comme package d'accueil, on peut mieux faire.

Un mois plus tard, le donateur a reçu un nouvel envoi, cette fois contenant un calendrier et une lettre dans laquelle on trouve une révélation, l'école pour laquelle ses fonds sont sollicités contient en tout et pour tout 200 élèves, soit rien qu'aux Etats-Unis, 250 000 dollars de dons par élève, de quoi leur offrir un palace cinq étoiles.

Les textes du calendrier sont assez calamiteux car ils donnent l'impression que les Européens ne viennent en aide aux Amérindiens que depuis 1927 data à laquelle des prêtres de la mission du Sacré Cœur ont fondé l'école Saint Joseph du Dakota.

Visiblement les rédacteurs de l'agence n'ont jamais entendu parler des tribulations du jésuite flamand Pierre-Jean de Smet, exactement au même endroit, mais près d'un siècle plus tôt.

Ils ne connaissent pas grand-chose non plus de l'histoire des Indiens sioux car ils auraient pu tirer profit du fait qu'au moins un tiers d'entre eux possèdent des noms français.

Notons que cette association n'est pas la seule à venir en aide aux Indiens sioux.  L'association Oiseau Tonnerre est plus modeste dans ses moyens mais pas dans ses ambitions. Elle présente l'avantage de ne rien ignorer des liens entre les Français et les Sioux, liens que l'agence française de Saint Joseph du Dakota méconnaît totalement.

Pour en savoir plus, je recommande chaudement l'ouvrage d'Arnaud Balvay :







2 commentaires:

  1. Je viens de reçevoir un mailing venant de cette association. Par excès de consciense j'ai fait une recherche sur google "st joseph du dakota" et je suis tombé sur votre BLOG. Je confirme tous vos dires concernant le marketing direct.
    Merci pour votre Blog.

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  2. This was an excellent post and was very insightful.

    start a fundraiser on www.rallyhero.com
    Fundraiser

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