mardi 5 octobre 2010

Dans les colonnes du Monde, la journaliste Virginie Malingre rapporte les progrès de la Taxpayers' Alliance, un mouvement qui peut être comparé en France aux Contribuables associés. En dépit de leur baisse de régime depuis le départ de l'équipe de Score Marketing, ses animateurs seraient-ils capables de faire de même dans notre pays ?

L'heure du thé a sonné

David Cameron, qui a ramené les tories au pouvoir après treize ans d'opposition et s'est installé au 10 Downing Street en mai, ne donne pas toujours satisfaction à l'aile droite de son parti. Mais rares sont ceux qui, comme Daniel Hannan, ont décidé de manifester leur mécontentement à l'occasion de la traditionnelle conférence d'automne du parti, qui se tiendra à Birmingham, du 3 au 6 octobre.

Elu tory à Strasbourg depuis 1999, cet eurosceptique assumé de 39 ans défilera avec quelques autres sous la bannière du British Tea Party qu'il a lancé en février. Ce fan de Sarah Palin et de Fox News veut importer au Royaume-Uni le mouvement qui perturbe la vie politique américaine, avec comme mot d'ordre la baisse des impôts. Alors que les dépenses publiques représentent 48 % de la richesse nationale, contre moins de 38 % au début des années 2000, M. Hannan attend que M. Cameron, qui promet pourtant la plus grande cure d'austérité qu'ait connue le pays depuis la seconde guerre mondiale, accélère le rythme. Pour l'heure, l'organisation de M. Hannan reste embryonnaire. Mais il n'est pas seul sur le créneau.

La Taxpayers' Alliance (TPA) occupe déjà le terrain. Matthew Elliott, son président de 32 ans, ne revendique pas l'appellation, peu patriotique à son goût. "Le Tea Party a été baptisé en référence à la rébellion des colonies américaines contre la Couronne britannique", rappelle-t-il, quand des habitants du Massachussets, le 16 décembre 1773, fâchés de payer les taxes imposées par Londres sans pour autant être représentés au Parlement de Westminster, jetèrent dans le port de Boston une cargaison de thé. Mais il rêve, lui aussi, d'un mouvement de masse contre un Etat oppresseur.

D'ailleurs, début septembre, la TPA a organisé une conférence à Londres à laquelle ont participé ses homologues européens mais aussi, et c'est une première, les plus importantes de ces organisations qui aident les "tea partiers" à s'imposer outre-Atlantique (organisation de manifestations géantes, support logistique et financier à des hommes et femmes politiques d'un nouveau genre...). Elles ont financé l'événement et fait le déplacement, espérant trouver sur le Vieux Continent un relai à leur pasionaria.

"Ce qui se passe aux Etats-Unis n'est pas transposable à l'identique en Grande-Bretagne", juge M. Elliott. Les Britanniques n'ont pas la culture de la rue, les partis politiques n'organisent pas de primaires ouvertes, et le volet conservateur social du Tea Party n'a pas d'avenir de ce côté-ci de la Manche. Il n'empêche, juge-t-il, "plusieurs pays européens ont eu leur moment Tea Party, à leur manière". Et de citer "la révolte des Allemands contre le sauvetage de la Grèce, le dégoût des Britanniques après le scandale des notes de frais de Westminster".

La TPA compte 60 000 membres, affirme M. Elliott, "à peine 5 000 de moins que le parti Libéral démocrate" qui participe au gouvernement des tories. Là dessus, 7 000 hommes et femmes donnent régulièrement de leur temps pour distribuer des tracts, faire signer des pétitions ou manifester, ici ou là.

Avec un million de livres de budget et des donateurs qui ont souvent en commun de financer le parti conservateur, la TPA, qui, à ses débuts, organisait ses réunions chez Starbucks, peut s'offrir des locaux à quelques encablures de Westminster, employer quinze personnes à temps plein et avoir des représentants dans plusieurs grandes villes du pays.

L'histoire commence en 2004. M. Elliott, diplômé depuis peu de la London School of Economics, supporte mal de voir le Labour de Tony Blair "jeter l'argent par les fenêtres". Et ce, sans que le parti conservateur, désireux de rompre avec l'image de "nasty party" qui lui colle depuis l'ère Thatcher, ne s'en offusque.

Très vite, la TPA occupe le vide. Ses travaux sur les gaspillages des administrations, les excès des parlementaires ou les millionnaires de la fonction publique font régulièrement la "une". "Les journaux ont moins d'argent qu'avant pour enquêter. Et plus de travail. Alors nous leur fournissons du prêt à publier", explique M. Elliott, devenu spécialiste des rapports concis, avec des chiffres éloquents et des titres percutants.

Certains contestent le sérieux de ce travail, "plus souvent une synthèse de ce qui existe qu'une véritable recherche", juge Sunder Katwala, de la Fabian Society, un think tank de centre gauche. "Chaque année, nous déposons au moins 10 000 demandes d'informations au nom du Freedom Information Act, qui concernent le secteur public", rétorque M. Elliott.

Qu'importe, la TPA fait évoluer le débat. A force de marteler, sans répit et exemples à l'appui, que l'argent des contribuables est gaspillé, "elle a acquis une forte influence", juge Tony Travers, politologue à la London School of Economics. D'ailleurs ni le Labour, ni les tories, ni les lib-dem n'ont fait campagne, en 2010, sur un Etat plus fort.

La récession, du point de vue de la TPA, est une aubaine alors que les Britanniques apprécient peu de payer les frasques des banques. Les grèves, que promettent les syndicats pour protester contre les coupes budgétaires à venir, pourraient en être une autre. "Notre heure est venue", veut croire M. Elliott.

Courriel : malingre@lemonde.fr.

I'm not a witch… I'm you

Que faire quand une organisation, une personne font l'objet de graves accusations ?

La tentation est le plus souvent de faire comme si de rien était. On escompte que les donateurs ne regardent pas la télévision, n'écoutent pas la radio, ne lisent pas les journaux et, surtout, ne consultent pas internet.

Hélas, c'est souvent vrai. En outre la volatilité de la mémoire humaine fait que dans la majorité des cas, ce pari se révèle gagnant.

Il faut des crises très longues avec un grande exposition à la télévision pour que l'impact sur les donateurs soit réel, citons le cas de l'ARC ou celui de l'Opus Dei. Encore que cette organisation catholique a su réagir avec une grande intelligence et transformer une crise en opportunité grâce à la réactivité et à l'inventivité de leur équipe basée à New York.

Dans le domaine de la politique, les cas sont comparables et peuvent inspirer les fund raisers.

Prenons le cas récent de Christine O’Donnell, la candidate républicaine au sénat des Etats-Unis pour l'Etat du Delaware. Farouche réactionnaire (j'utilise ce terme dans son sens premier, sans connotation péjorative), elle a déboulonné le candidat républicain traditionnel grâce à l'appui du Tea party.

Cette jeune femme fait l'objet d'un tir de barrage dans les médias qui a pour objectif de réduire à néant ses chances de succès en novembre prochain. Une des accusation portées contre elle est d'être une « sorcière » car elle serait associée à un culte non chrétien.

Dans un message vidéo mis en ligne sur You tube, elle a trouvé une superbe parade : I'm not a witch… I'm you.»



Va-t-elle réussir son pari ?

Je ne le sais pas. Mais sans atteindre le sommet de la fameuse déclaration télévisée de Nixon, ce joli petit film restera comme un réussite dans la communication de crise.

Pour en savoir plus :

The genius of Christine O'Donnell? 'I'm not a witch… I'm you.'

This is one of the strangest political ads you will ever see. It could also turn out to be one of the most effective because of its arresting simplicity.
The ad is already being widely mocked (as is everything about Christine O’Donnell, the GOP’s Senate candidate in Delaware) but maybe that’s part of the point. At worst, it’s a roll of the dice – she’s way behind in the polls and she has nothing to lose:

O’Donnell had many weaknesses as a candidate. But is that she is, as the ad states, like “you” – an ordinary American who’s struggled to pay the bills, done some silly things (dated a witch in college!), exaggerated her CV a tad and been looked down on by elites. Despite being in her 40s, she has a little girl lost kind of demeanour that, as The Other McCain points out, makes her “awfully hard to hate”.
Again and again on the campaign trail, I hear statements about Sarah Palin – the harder-edged prototype for O’Donnell – along the lines of “when I first heard her, I thought, ‘She’s like me’”. That ability to get people to identify with you on such an elemental level in politics is a powerful thing (though not necessarily enough in itself to win national or even statewide elections).
Some on the Left get this. Here’s Glenn Greenwald:
Much of the patronizing derision and scorn heaped on people like Christine O’Donnell have very little to do with their substantive views…and much more to do with the fact they’re so . . . unruly and unwashed.
Frank Rich tries to say that O’Donnell is a “useful idiot” who gives “populist cover” to what he sees as the corporate-backed Tea Party movement. Though written with his characteristic style and verve, his column is essentially a diatribe against Republicans, the Tea Party and anyone outside the liberal Left. But Rich – almost despite himself – gets some of what O’Donnell and Palin are about:
But [Palin] quickly wove the attacks into a brilliant cloak of martyrdom that positioned her as a fierce small-town opponent of the coasts’ pointy-head elites. O’Donnell, like Palin, knows that attacks by those elites, including conservative grandees, only backfire and enhance her image as a feisty defender of the aggrieved and resentful Joe Plumbers in “real America.”
I disagree with Rich’s overall theory but I think he’s onto something when he suggests that O’Donnell will help the Republicans nationally, even if she does lose in Delaware. He is right that the “more O’Donnell is vilified, the bigger the star she becomes”.
Her new ad says: I’m just like you ordinary Americans and when they’re mocking me they’re mocking you. Which is why Christine O’Donnell might just be crazy like a fox.

Dans le grenier aux souvenirs

dimanche 3 octobre 2010

Le Daily Mail nous rappelle que le niveau apparent de richesse n'est pas toujours l'indicateur d'une absence de fortune.



The £1.4m man: Amazing fortune of widower who owned just one suit, got by on £5 a week... and left a fortune to animal charities


Wearing the same old suit day in, day out, he couldn’t have looked less like a millionaire. But when Gordon Hardy died at 83, it turned out he wasn’t quite the poverty-stricken pensioner he had appeared to be.
The retired civil servant and his wife Jean, who died in 2008, did not have any children. And decades of saving and sensible investments had left the couple remarkably well-off.
However, it was only after Mr Hardy’s death that it emerged he was worth £1.4million.
Their solicitor, Lyndsey McHale, was the only person aware of the couple’s wealth.
Yesterday, she said: ‘Mr Hardy was a real gentleman, modest and old-fashioned, and you would never have guessed he was worth over £1million.
‘He always wore the same suit, and when he had to move into a nursing home it turned out they were the only clothes he owned.

Gordon Hardy and his wife lived a simple life, only owned one suit, and lived on £5 a week
‘I couldn’t believe it the first time he showed me the paper work about all the investments they had, but he just wasn’t interested in spending it.’
The couple, who were animal lovers, are believed to have worked in Derbyshire, where Mrs Hardy was a postmistress, before retiring to a bungalow in the seaside resort of Southport, Merseyside.

They wanted their estate to be split between three animal charities: the PDSA, the Blue Cross and the Donkey Sanctuary.

Neighbour Maureen Taylor, 60, said: ‘There were no signs at all that they had so much money.
'Jean was always out walking their poodle, Bobby, and I suppose they decided they wanted the money to help care for animals after they were gone.’
In 2006, they sold the bungalow for £250,000 and moved into sheltered accommodation, taking with them their collection of antiques, including a grandfather clock worth £4,000.
After Mrs Hardy died, her husband came to see their solicitor, a specialist in wills and probate at Brown Turner Ross.
‘He said his wife had always done the finances and gave me a scrap of paper with details of their savings on.
‘My first thought was, “That can’t be right!”, but it was all there – various bank and building society accounts plus a lot in National Savings certificates.
‘How it was built up we don’t know, but it seems they were just very careful with money.
‘I would always ask him if he wanted to buy anything or go anywhere and he would always say the same thing, “What do I need to spend money on?”.

Gordon and his wife sold their bungalow and moved into sheltered accommodation in later life
‘Later on he asked for £20 a month of which around £9 was for his electricity bills.’

Mr Hardy died in February. His solicitor added: ‘Sadly he never really recovered from his wife’s death, but at least their wealth will now go to benefit the causes they supported.’

Aimer les animaux et détester les gens ?

Voici une brève chronique du député conservateur au parlement européen et redoutable ennemi de l'Union européenne, Daniel Hannan qui pointe le doigt sur la force de la haïne.

Les causes militantes savent bien que les sentiments négatifs sont le meilleur moyen de motiver un prospect.

C'est vrai pour les personnes âgées.

C'est aussi vrai pour les défenseurs des animaux et dans une plus large mesure la gauche du spectre politique n'échappe pas à la règle.


Where would Lefties be without hatred?

Richard Curtis’s eco-prop video confirms the worst impression people have of greenies, namely that, behind all the self-righteous rhetoric, they are misanthropic (hat-tip, James Delinpole). See how easily they glide from platitudes about low-energy lightbulbs to fantasies about killing those who dissent.

I’ve noticed before that a surprising number of animal lovers are really people loathers. Not all, of course, nor most; but some. In every age and nation, there are people casting about for a valid reason to detest their neighbours. Such people are often attracted to apparently high-minded campaigns. Think of the abolitionist campaigner in Steven Spielberg’s film Amistad who would rather lose the case, condemn the slaves and win more publicity than free them on a technicality.
Of course, ideas are not responsible for the people who back them. Bad people can take up good causes. I have Leftie friends who are generous and idealistic, and most greenies are actuated by a sincere concern about the future. Almost all of us, after all, want clean air and water; almost all of us like the idea of pandas mating ineptly for years to come; and almost all of us want a diversity of energy supply. But, just occasionally, as during the Brent Spar fiasco, we see that some eco-campaigners are, like the abolitionist in Amistad, more interested in bashing people they dislike than in advancing the cause they notionally represent. If you doubt me, start reading Guardian comment threads. Ah, hatred: where would Lefties be without it?

Pourquoi donner 20000 £ de manière anonyme ?

Dans le Guardian, un article qui rapporte le don anonyme à une association caritative de la somme de 20 000 £ en espèces.

Pour remercier ce mystérieux donateur, l'association n'a rien pu faire d'autre que d'accrocher une banderole avec le mot « merci » au-dessus de la porte de leurs bureaux.

La campagne de presse de l'association pour rendre public ce don est aussi une manière indirecte de remercier ce donateur et d'encourager d'autres à suivre son exemple.

Man hands £20,000 in envelope to Cancer Research charity shop

Staff at Glasgow branch unveil banner thanking mysterious benefactor who delivered donation and left without saying a word

A mystery man walked into a charity shop and handed in an envelope with a £20,000 donation inside, then left without saying a word, it emerged today. Staff unveiled a banner at the shop with the words "thank you" to send a message to the mystery benefactor. Workers said it was the biggest donation they had "ever seen" at the shop. Volunteer Alexandra Macmillan, 48, was handed the envelope while helping at the Glasgow Cancer Research UK shop.
Ms Macmillan, who has been volunteering at the shop in Sauchiehall Street for nine years, said: "It was quite busy in the shop, so I thought he was just another customer. He didn't say anything, just smiled and handed me an envelope. Before I could say anything to him he had turned around and walked away.
"I took the envelope into the back room and gave it to the manager. We occasionally receive donations here, so I was hoping it might be a cheque for as much as £100.
"When we opened it up and found a banker's draft for £20,000 inside we literally couldn't believe what we were seeing. We had to read it several times before we were really sure we had just been given so much money."
Staff want to get a message to the generous man.
Shop manager Michelle Fulton said: "The man wasn't one of our regular customers and we didn't get the chance to say thank you, so we're all hoping he sees this and knows just how incredibly grateful we are for such a generous gift.
"I have been working at this shop for 15 years now, and this is far and away the biggest donation we have ever received.
"Occasionally, we are given a nice designer dress, or a cheque for a couple of hundred pounds, but this was in a different league altogether."
The envelope was handed in around three weeks ago.
Glasgow-based cancer researcher Dr Liam Faller, from the Beatson Institute for Cancer Research, said: "Cancer Research UK is entirely funded by the public, so donations like this are crucial to our work. We all want this mystery man to know that all the money he donated will be carefully invested in finding new ways to treat, diagnose and prevent cancer."
Other donations to the charity's shops from mystery people have included a copy of the first Beano annual, which was given to the St Andrews shop in Fife in April this year and a rare Hermès handbag, worth more than £1,500, which was handed in to the shop in Pitlochry, Perthshire, in October last year.
The Beano annual sold at auction for more than £4,000, a spokesman for Cancer Research UK said.

samedi 2 octobre 2010

Le dilemme du fund raising militant

Parmi les associations qui défendent tel ou tel point de vue dans le débat civique dans notre pays, il en existent certaines qui se trouvent à la charnière entre un groupe de pression (lobby) à la mode étatsunienne et le groupe de recherches (think-tank).

Leur nature entre-deux trouve une de ses sources dans la faiblesse des financements privés pour ce style d'action civique en Europe. Faute de moyens comparables à leurs grands-frères d'Outre-Atlantique, ces organismes n'ont d'autre ressource dans notre pays que de faire appel à la générosité du public.

Une génération plus tôt, des organisation discrètes comme par exemple le GRECE ou la Cité catholique ou encore l'Opus Dei ont fait appel à la générosité de leurs membres et à celle d'amis choisis, approchés un à un, qui sous des appellation diverses ont accepté de verser de l'argent pour une cause. La droite laïque désignait cette structure comme le « Club des mille » ou chez les catholiques les donateurs recevaient le joli nom de « coopérateurs ».

Puis est venue la révolution du fund raising à l'américaine sous l'impulsion de pionniers comme le regretté François Laarman, un de ces hommes qui font bouger les sociétés.

Toutefois, le fund raising fondé sur l'usage massif du marketing direct entraîne des dérives dont nous devons être les premiers à prendre garde.

La plus grave de ces dérives est que le marketing direct possède une logique propre qui contraint son utilisateur à penser le marketing comme une fin en soi et non plus un moyen. C'est criant dans le choix de certains thèmes ou axes d'action.

C'est d'autant plus vrai pour les associations qui se lancent exclusivement par cette voie.

Enfin, et je m'arrête là, le marketing direct a tendance a générer une « bulle » d'adhérents ou de sympathisants (nom donné aux donateurs de plus de douze mois) dont les résultats financiers justifient guère plus que d'honnêtes revenus à ceux qui font tourner la machine.

Il en découle une influence réelle sur la vie civique de notre pays qui se réduit à rien.

J'ai en tête quelques exemples caricaturaux. Mes lecteurs aussi.

Il est important, à la fois pour ceux qui conçoivent les campagnes que pour ceux qui les commandent, de toujours penser à prendre en compte le monde réel, la vraie vie. Notre travail se doit d'avoir une finalité sociale, civique et même politique au sens noble du terme.

Le merketing direct au service du fund raising est un moyen au service d'une cause réelle, bien palpable. Les auditeurs qui financent Radio courtoisie ont un extraordinaire ROI tout comme les donateurs à la Fondation pour l'Ecole, la Fondation Pasteur ou encore Aide à l'Eglise en détresse ou tant d'autres.

Ne l'oublions pas.

vendredi 1 octobre 2010

Homos dans le pétrin

Ben Summerskill, patron de Stonewall, préfère l'opinion de ses donateurs à celle des activistes des médias. Il a raison de privilégier l'enquête interne à un ralliement prématuré qui pourrait réduire son ROI.

L'association britannique de défense des droits des homosexuels Stonewall (20 000 adresses de donateurs récents au compteur), se trouve au coeur d'une controverse. D'un côté les militants qui souhaitent que les unions de même sexe puissent être des mariages comme les autres et puis les désirs de la communauté homosexuelle bien plus nuancés sur la question.

On a toujours tendance à réduire l'opinion des personnes homosexuelle à celle des figures de proue du mouvement qui, dans la plupart des cas, sont des farouches partisans de l'affichage public de leur orientation sexuelle et de sa reconnaissance par l'Etat et par la société notamment par le biais du mariage.

Mais voilà, patatras, Stonewall par le biais de son président Ben Summerskill dévoile qu'une telle reconnaissance aurait un impact fiscal de cinq milliards de livres !

Ce pavé dans la mare horrifie les activistes médiatiques qui poussent à la roue pour l'adoption par le parlement du principe du mariage homosexuel.

Les cris d'orfraie des homos médiatiques ne font pas trembler Stonewall qui se préoccupe de l'opinion de ses donateurs avant celle du buzz médiatique. En fin de compte, ce sont les donateurs qui financent Stonewall.

Or il se trouve que les homosexuels sont bien plus divisés sur la question du mariage que ne le laissent penser les médias.

C'est cette réalité du terrain dont Stonewall est le reflet qui dérange les excellences roses du monde médiatico-politique.

Cette affaire soulève l'intéressant exemple d'une association militante qui n'est plus en phase avec l'opinion publique mais qui préfère sauvegarder son coeur de cible.

Dans cette affaire, je pense que Stonewall et son président Ben Summerskill ont choisi la bonne option à moyen et long terme.

Les comptes de Stonewall sont disponibles ici. En deux mots : dépenses liées au fundraising, 450 000 livres; dons de personnes physiques, 896 000 livres; Fondations et associations, 777000 livres; mécénat d'entreprise, 589 000 livres.


Scott Roberts: Embarrassment for a charity lagging behind public opinion


When Britain's largest gay rights charity is even at odds with Boris Johnson on the position of marriage equality, it knows it has a problem.

Two weeks ago, Ben Summerskill, the Chief Executive of Stonewall, threw a Molotov cocktail at the campaign for same-sex marriage. Rather than backing proposals – put forward by the Liberal Democrats – he warned they could potentially cost Britain "£5bn" over the course of 10 years.

Related articles
Stonewall is split by row about same-sex marriages
Search the news archive for more stories
Mr Summerskill's justification for the high figure stems from the fact that the policy would also open up civil partnerships to straight couples – currently only legally applicable to same-sex partners.

But for the head of Stonewall to make this argument days before members voted overwhelmingly to endorse the policy, has left many people unsurprisingly infuriated.

Steve Gilbert, the openly gay MP for Newquay and St Austell accused Mr Summerskill of "putting a price on equality".

Stonewall's position is made all the more confusing because the charity has publicly said that it is "consulting" its 20,000 members on whether or not to endorse gay marriage. Many also see Mr Summerskill's £5bn figure as a gift for homophobes looking for an excuse to curb gay rights.

Prominent figures in the community, including two of the charity's co-founders, Labour MEP Michael Cashman and Britain's leading openly gay actor, Sir Ian McKellen have criticised the charity's fears about cost.

Simon Hughes, the Lib Dems' Deputy Leader, also defended his party's gay marriage policy, saying Ben Summerskill's intervention had been "unhelpful" – while a Lib Dem press officer described the figure as "bogus".

It puts Stonewall in a deeply embarrassing position. As Peter Tatchell rightly points out, it is now the only main gay rights charity in Britain that has not joined the campaign for full marriage equality – that is despite growing political consensus from the Lib Dems, Labour, significant parts of the Conservative Party, and overwhelmingly the British people.

Maybe it is time Stonewall stopped stonewalling and joined the rest of us?

Scott Roberts is news editor for Gaydar radio


Pour en savoir plus :




Stonewall chief executive won't be 'jumped into' gay marriage position


By Jessica Geen • September 27, 2010 - 21:20

Stonewall chief executive Ben Summerskill defended his group's lack of a position on marriage equality this evening.

Mr Summerskill mounted a robust defence of Stonewall, although he was attacked by audience members who questioned why the charity had not begun considering marriage equality sooner.

Following criticism of him at a Liberal Democrat event last week, Mr Summerskill told an audience at a fringe event at the Labour conference in Manchester that Stonewall would not be “jumped into” declaring a position on the issue and said there remained a “wide range of viewpoints” on the matter. Last week, he claimed that Liberal Democrat proposals for equal access to both marriage and civil partnerships regardless of sexuality could cost up to £5 billion.

This evening, he spoke on a panel with lesbian Labour MP Angela Eagle, gay Labour MP David Cairns and gay journalist Johann Hari.

Today, Stonewall co-founder and Labour MEP Michael Cashman criticised the charity and called on Mr Summerskill to “speak up” for marriage equality.

Mr Summerskill said Stonewall was aiming to build a consensus on whether marriage equality should be the next step for the gay community in order to ensure any legislation would have cross-party support and pass in the House of Lords.

He said that this was a issue of “tactics” and added: “We do not feel embarrassed about raising this.”

He was speaking at an event organised by Stonewall and LGBT Labour and a member of LGBT Labour, Darren McCombe, attacked him, saying: “Why haven't you consulted earlier? Separate is not ever equal.”

To applause, Mr McCombe said LGBT Labour had quickly reached a consensus on the matter through a democratic vote.
He also raised the issue of current laws requiring trans people to end their marriages to obtain gender recognition certificates.

Mr Summerskill acknowledged the “terrible unfairness” of this situation but said he had been in talks with ministers and officials about amendments to the Gender Recognition Act.

On the issue of straight couples being refused civil partnerships, he said gay marriage had been “chained” to heterosexual rights, which Stonewall does not lobby for.

The former Labour MP David Borrow also criticised Stonewall. He said: “It is not a member-run organisation. It does not give the opportunity to LGBT people to come together.”

He said that the charity is still seen as a spokesman for the gay community and implored Mr Summerskill to “go back to Stonewall and look again”.

Mr Borrow added that the charity had a “real dilemma” in who it speaks for.

In response, Mr Summerskill said: “Stonewall has never pretended to be a democratic member organisation. We have never said we speak for all lesbian, gay and bisexual people.”

He added that it was “critical” to build alliances across parties and argued that legislation could be rejected by the House of Lords if there was a perception that there was not a consensus among gay people.

Another panel member, the journalist Johann Hari, said: “We are not the government, we are making demands on the government.”

Referring to Stonewall's estimated £5 billion cost over ten years for allowing straight couples to have civil partnerships, he argued that the disability lobby would not deliberate over the cost of wheelchair ramps.

However, Mr Summerskill responded: “It is perfectly proper to say there are arguments that will be used against us so we can counter them”.

He also pleaded with those present not to make the issue “party political”, claiming that the House of Lords would “retreat to tradition” and reject progressive legislation if this were to be the case.

Members of the LGBT Labour group had attempted to secure a debate on the issue of marriage equality at the main conference, but it was ranked at just position 13 in a priority ballot by party activists.